L’art d’être une présence pour l’autre commence d’abord par être présent pour et en Soi

Une conversation, c’est deux ou plusieurs mondes qui se rencontrent avec leurs histoires, avec leurs émotions mais aussi avec des paroles influencés par des mondes invisibles… Bien souvent quand deux ou plusieurs personnes parlent, quelqu’un parle et l’autre répond. Et puis l’autre rétorque et la plupart du temps, chaque Un veut avoir raison et veut faire entendre sa propre réalité basée sur ses expériences mais à aucun il n’est question d’entendre l’autre dans ce qu’il traverse et dans ce qu’il voit comme réalité. Débats politiques bonjour 😅.
Dans la spiritualité, nous y ajoutons notre petite sauce « spirituelle » en proférant des paroles telles que : « Ha mais ça c’est karmique, ha bah ça ça te vient de telle vie… » Chacun répond en fonction de son monde intérieur, de ses concepts, de ses croyances…alimentant ainsi les histoires de ci, de là et l’autre alors, ne se sent pas entendu dans ce qu’il vit à l’instant t…et cela continue à nourrir des mondes qui ne demandent qu’à retrouver le chemin de la lumière. C’est un véritable cheminement intérieur qui est alors proposé à celui qui veut être écouté mais aussi pour celui qui souhaite entendre et être une présence aimant inconditionnellement pour celle ou celui dans le besoin.
Combien de personnes n’ont jamais parlé sincèrement de leurs peines, de leurs fardeaux ? Si tant est que la personne reconnaisse son besoin de parler. En attendant, beaucoup de personnes fuient ce contact intérieur avec ce qui nous est proposé dans cette société, courir dans le monde des distractions mais je vois que beaucoup on juste besoin d’être entendu mais qu’ils ne le savent pas. J’éprouve de plus en plus de compassion face à cela et beaucoup plus d’ouverture à être avec l’autre, en présence, face à ce qu’il vit. La vie m’a offert et continue de m’offrir ces expériences où mon égo spirituel ou non ; ça reste de l’égo ; voudrait répondre et résoudre ce que l’autre me partage. Ce qui laisse place au silence habité qui accueille ces confidences sans chercher à ce que l’autre aille mieux, ni de vouloir me décharger de la culpabilité de ne pas en faire assez pour que l’autre se sente mieux avec des méthodes mentales !Souvent avec mes élèves qui ressentent de la souffrance par rapport une situation, je demande intérieurement ce que je pourrais faire pour aider et là, la réponse du silence se fait entendre. Il est vrai que souvent les gens m’ont confié des choses naturellement parce qu’ils ne sentaient pas juger et je comprends mieux pourquoi désormais je vois mon accompagnement comme un confessionnal.
Parce qu’une présence aimante, non jugeante offre le plus beau des remèdes, le plus beau des soutiens, comme une mère qui prend dans ses bras son enfant, il se pourrait que cela ne soit « rien » pour ceux qui voient avec les yeux physiques parce que dans le faire, il n’y a pas de formules magiques, de rituels, de tralala et pourtant, la simplicité est la plus belle des choses à offrir. Et pourtant, avec les yeux de l’amour, on peut le percevoir/père se voir.Attention, je ne dis pas que ça sert à rien, tout dépend depuis quel espace c’est fait et de ce qui dit la présence en soi. Alors voilà, beaucoup demandent à être entendus mais ne s’écoutent pas, beaucoup ont besoin d’être entendus mais ne le savent pas et beaucoup ont envie de s’écouter mais n’entendent pas…jusqu’à ce qu’un burn-out, une mal-a-dit, un drame…frappe à la porte de l’âme pour dire « Hey oh, je suis là, m’entends-tu ?! »
De plus, lorsque chacun se sent entendu et que les histoires du personnage ne sont plus alimentés, que les émotions sont accueillies mais pas absorber alors nous agissons comme des thérapeutes car en cela, un monde s’arrête. Un peu comme si nous arrêtions de nous faire passer une balle noire. D’ailleurs on peut le percevoir quand quelqu’un nous raconte une mésaventure avec toute la colère que cela a engendré : « L’autre m’a foncé dessus, tu te rends compte… » et là Michel raconte ça à Éric et ainsi de suite, et cela devient une chaîne, un monde relié à la colère et chacun y va à sa sauce. Et si, une seule personne arrête ce relais alors, un monde s’arrête petit à petit de tourner, d’où l’expression « Le monde ne tourne pas rond » car la compassion y a pris sa place et l’autre peut être entendus dans sa souffrance.
Le monde souffre et l’ignore et c’est notre rôle en tant que porteur de lumière, de reconnaître la lumière que porte cet autre et d’accueillir les histoires, les émotions, de passer de hypersensible à sensible, de passer de l’empathe à l’être de compassion. Chaque Un étant le maître de l’autre pour revenir à ce maître intérieur qu’est Dieu/l’Amour/Christ en nous. Et tout ceci commence déjà par l’incarner pour Soi, ce qui se répercutera naturellement vers l’extérieur.
Avec douceur et amour, Stéphanie 💗
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Textes © Stéphanie LAY -Illustrations générées par IA, direction artistique et textes originaux de l’auteure.

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